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jeudi 10 février 2011

www.tour-operator.gov.fr

MAM-JET1.pngLes ministres aussi partent en vacances. Et pas n’importe lesquelles. Tant mieux pour eux. Seulement leurs agences de voyages ne sont pas ouvertes au citoyen lambda. Et là, tant pis pour nous…

Souvenez-vous. C’était le 6 mai 2007. Le Président lui-même avait montré la voie, avant même qu’il ne soit intronisé et au sortir d’une si belle fête au Fouquet’s pour les happy fews pendant que le bon peuple, celui de l’UMP se bougeait les miches sur la place de la Concorde sur les rythmes endiablés des plus grands succès de Mireille Mathieu, d’Enrico Macias ou de Doc Gynéco. Ce fut une belle soirée, complète, stylée, bien dans le ton donné par le nouveau tsar, Nicolas 1er.

Le ton était donné : après cette bien belle fête, le président élu allait s’envoler dans un jet privé pour aller se reposer de sa campagne électorale sur le yacht d’un des plus riches hommes d’affaires du pays à qui appartenait également le jet. Depuis, certains des ministres des gouvernements successifs ont suivi ce mouvement de fond : utilisation des moyens logistiques de l’Etat à des fins personnelles ou invitation par des amis privés, mais ni de ressources ni de pouvoir. De Besson qui demande à ses services de lui réserver son voyage de noces à Capri et dont la preuve du règlement de la facture laisse subsister des zones d’ombres quant au payeur final, à Estrosi qui part pour la Nouvelle Calédonie en Falcon pour la modique somme de 138 000 € afin de ne pas partager l’avion à disposition avec la piétaille journalistique ou les employés de son ministère d’alors, en passant par Joyandet qui va participer à une conférence en Martinique pour la plus modique somme encore de 116 500 € , les exemples ne manquent pas.

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samedi 29 janvier 2011

La banane par les deux bouts

banana.jpgLa France a la banane ! Non, pas le sourire, malheureusement, mais le prix permanent de la Françafrique et de la colonisation des esprits. Deux prix vont récompenser cet attachement à un système, le « Prix du colonialiste de l’année 2010 » et le « Prix Françafrique 2010 ». Cette année encore, l’embarras du choix montre que Françafrique et colonialisme sont toujours vivants. Bien vivants…

Une fois de plus, mais cette fois en plein procès Pasqua qui n’hésite pas à balancer Chirac, après l’affaire Zemmour, après les propos de l’héritier Guerlain, après le couac de Michelle Alliot-Marie sur la Tunisie et son si cher Ben Ali, une fois de plus disais-je, des esprits chagrins, vraisemblablement des membres de « l’anti-France », organisent les Oscars du colonialisme et de la Françafrique. Les nombreux nominés espèrent chaque jours qu’ils ne seront pas le malheureux élu. Faisons un petit tour d’horizon sur les nominés de cette édition.

Pour le prix du colonialiste de l’année 2010, la bataille fait rage. Jouons un peu avec ces joyeuses et brillantes célébrités.

Attention, premier nominé : Je suis un ministre de l’intérieur condamné deux fois pour injure raciale et atteinte à la présomption d’innocence. Je préfère une potée infecte ou une bourrée infâme à un bon couscous ou une bonne vieille cassette de Raï, je suis… Brice Hortefeux.

Au suivant : Héritier d’un marchand d’effluves, tendance nauséabonde, je travaille comme un nègre quand ça me chante mais je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé. Je fais rire Elise Lucet sans la chatouiller, je suis… Jean-Paul Guerlain.

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jeudi 20 janvier 2011

Tunisie : quand les politiques dérapent

chaussee_glissante.jpgQuelques dizaines d’heures avant la chute finale de Ben Ali, la Ministre des Affaires Etrangères, digne successeure de son prédécesseur a commis une belle bévue. Encore de quoi rehausser le prestige de la France aux yeux du monde !

Sur le plan international, le gouvernement français continue de nous la jouer façon Trance 24 ! Occupons l’espace médiatique, quitte à dire n’importe quoi (portnawak en verlan, à moins que ce ne soit du rebeu version Pagny). C’est donc au tour Michelle Alliot-Marie de se retrouver sur la sellette. Si ce n’est pas forcément agréable, sa position reste moins inconfortable que celle d’un manifestant tunisien frappé ou torturé par les forces de l’ordre qu’elles fussent ou non de son pays. Mais qu’a dit Mme la Ministre, voix officielle de la France sur le plan diplomatique et qui passa ses vacances à Hammamet à l’hôtel Phénicia pour la modique somme de 10.000 € la semaine ?

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mercredi 15 décembre 2010

Hortefeux à volonté !

flashball.jpgAprès le décès le 30 novembre dernier de Mahamadou Marega qui est décédé suite à l’utilisation du Tazer, un homme de 43 ans qui est mort d’un tir de Flash ball le 13 décembre à Marseille. Faut-il continuer à considérer ces armes comme « non létales » ou les considérer comme des « armes non létales létales » ?

Alors que les médias populaires, avec un P comme dans UMP nous gargarisent de saisies de Kalachnikovs qui n’ont pas tué, soit des armes létales non létales en l’occurrence, les armes non létales utilisées par les forces de l’ordre s’avèrent, elles, létales. Deux morts en moins de quinze jours dues à l’utilisation d’armes… soi-disant non létales par la police française, ça fait donc, si on extrapole sur une année, un minimum de 26 décès potentiels. Ca peut paraître beaucoup, en tous cas trop, sauf si on est Ministre de l’Intérieur (en V.O., version officielle) ou Ministre de l’Ordre et de la Récupération des Voix Parties au FN (en V.O. toujours, mais version officieuse cette fois).

Une mort… accidentelle est toujours une mort de trop. Mais ce qui fait cruellement désordre (ou ordre si on est un thuriféraire du futur Maire de Vichy, son casino, ses termes et son glorieux passé), ce sont bien sûr les décès, comment dire, euh, anticipés, dus à l’utilisation d’armes considérées comme respectueuses des vies des personnes visées.

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mercredi 24 novembre 2010

Rouen Couleur chocolat

chocolat.jpgDe plus en plus, les collectivités locales font appel au gentil mécénat des gentilles sociétés nous vendant à longueur d’année et de pages de publicité papier, télé ou radio leur biens de consommation. Connaissant leur philanthropie, leur désintéressement et quelques niches fiscales, devons-nous applaudir ou pleurer ?

Ce n’est un secret pour personne : les collectivités locales sont en manque d’argent, de pognon, de flouze, d’oseille, d’espèces sonnantes et trébuchantes, bref de fric. Lorsque le nerf de la guerre vient à manquer, toutes les recettes pour équilibrer un budget ou réaliser un projet sont bonnes à prendre. C’est donc logiquement et en toute bonne conscience comptable que mairies, communautés de communes ou autres se tournent alors vers le privé, en langage rouge, le grand capital, pour engranger patates et autres pépettes.

Depuis quelques années, à part peut être en Languedoc Roussillon où les statues presque aussi monumentales que la statue de la Renaissance Africaine (d’ailleurs elle-même le fruit d’une joint venture entre Dakar et Pyongyang), sont signées et siglées Feu Georges Frêche, pas une érection de statue sans jolie plaque dorée et gravée aux armoiries logotypiques de nos multinationales du bâtiment, des travaux publics, de l’électronique (non je n’ajouterai pas « ta mère »), de la bagnole, de la malbouffe ou autres. Dans l’organisation d’événements plus ou moins culturels, en jargon « l’organisationnel événementiel », c’est la même chose. On ne compte plus les festivals musicaux sponsorisés par des marques de bière si on est au nord de la Loire ou de pastis si on est au sud.

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