De plus en plus, les collectivités
locales font appel au gentil mécénat des gentilles sociétés nous vendant à
longueur d’année et de pages de publicité papier, télé ou radio leur biens de
consommation. Connaissant leur philanthropie, leur désintéressement et quelques
niches fiscales, devons-nous applaudir ou pleurer ?
Ce n’est un secret pour personne : les collectivités locales sont en manque d’argent, de pognon, de flouze, d’oseille, d’espèces sonnantes et trébuchantes, bref de fric. Lorsque le nerf de la guerre vient à manquer, toutes les recettes pour équilibrer un budget ou réaliser un projet sont bonnes à prendre. C’est donc logiquement et en toute bonne conscience comptable que mairies, communautés de communes ou autres se tournent alors vers le privé, en langage rouge, le grand capital, pour engranger patates et autres pépettes.
Depuis quelques années, à part peut être en Languedoc Roussillon où les statues presque aussi monumentales que la statue de la Renaissance Africaine (d’ailleurs elle-même le fruit d’une joint venture entre Dakar et Pyongyang), sont signées et siglées Feu Georges Frêche, pas une érection de statue sans jolie plaque dorée et gravée aux armoiries logotypiques de nos multinationales du bâtiment, des travaux publics, de l’électronique (non je n’ajouterai pas « ta mère »), de la bagnole, de la malbouffe ou autres. Dans l’organisation d’événements plus ou moins culturels, en jargon « l’organisationnel événementiel », c’est la même chose. On ne compte plus les festivals musicaux sponsorisés par des marques de bière si on est au nord de la Loire ou de pastis si on est au sud.
Alors qu’en
Côte d’Ivoire ou plus encore en Guinée est venu le temps des remaniements
présidentiels, la France s’offre un remaniement ministériel soigneusement ms en
scène avec la conclusion finale offerte en personne par le guide de la nation
face à quelques faire-valoir du monde journalistique d’une pugnacité
redoutable…
Le gouvernement actuel de la République
Française est un exemple de pédagogie. Expliquer au bon peuple les tenants et
les aboutissants des grandes questions géopolitiques de notre temps est pour ce
conglomérat (et je pèse mes mots) de l’élite de la Nation et de l’Uhempé
confondues un véritable acte de vulgarisation. Car qui avait entendu parler des
Roms avant le début de l’été ?