Les ministres aussi partent en
vacances. Et pas n’importe lesquelles. Tant mieux pour eux. Seulement leurs
agences de voyages ne sont pas ouvertes au citoyen lambda. Et là, tant pis pour
nous…
Souvenez-vous. C’était le 6 mai 2007. Le Président lui-même avait montré la voie, avant même qu’il ne soit intronisé et au sortir d’une si belle fête au Fouquet’s pour les happy fews pendant que le bon peuple, celui de l’UMP se bougeait les miches sur la place de la Concorde sur les rythmes endiablés des plus grands succès de Mireille Mathieu, d’Enrico Macias ou de Doc Gynéco. Ce fut une belle soirée, complète, stylée, bien dans le ton donné par le nouveau tsar, Nicolas 1er.
Le ton était donné : après cette bien belle fête, le président élu allait s’envoler dans un jet privé pour aller se reposer de sa campagne électorale sur le yacht d’un des plus riches hommes d’affaires du pays à qui appartenait également le jet. Depuis, certains des ministres des gouvernements successifs ont suivi ce mouvement de fond : utilisation des moyens logistiques de l’Etat à des fins personnelles ou invitation par des amis privés, mais ni de ressources ni de pouvoir. De Besson qui demande à ses services de lui réserver son voyage de noces à Capri et dont la preuve du règlement de la facture laisse subsister des zones d’ombres quant au payeur final, à Estrosi qui part pour la Nouvelle Calédonie en Falcon pour la modique somme de 138 000 € afin de ne pas partager l’avion à disposition avec la piétaille journalistique ou les employés de son ministère d’alors, en passant par Joyandet qui va participer à une conférence en Martinique pour la plus modique somme encore de 116 500 € , les exemples ne manquent pas.
La France a la banane ! Non, pas le
sourire, malheureusement, mais le prix permanent de la Françafrique et de la
colonisation des esprits. Deux prix vont récompenser cet attachement à un
système, le « Prix du colonialiste de l’année 2010 » et le
« Prix Françafrique 2010 ». Cette année encore, l’embarras du choix montre
que Françafrique et colonialisme sont toujours vivants. Bien
vivants…
Alors que les élections
présidentielles en Côte d’Ivoire et en Guinée (Conakry) ont mobilisé
l’attention du fait de scrutins qui paraissaient serrés et incertains,
l’élection présidentielle au Burkina Faso n’a pas déchaîné de mobilisation
journalistique. La faute à un scrutin joué d’avance ?
Imaginons un pays de la Françafrique
nommé Bananaland. Imaginons qu’à propos dudit pays, la presse internationale ou
les autochtones s’expriment forcément injustement contre le gouvernement et
l’homme fort du pays qui le dirige avec les pleins pouvoirs, les médias à la
botte et un aplomb démesuré de la part de son entourage. Mais quel est donc ce
pays ?