Les ministres aussi partent en
vacances. Et pas n’importe lesquelles. Tant mieux pour eux. Seulement leurs
agences de voyages ne sont pas ouvertes au citoyen lambda. Et là, tant pis pour
nous…
Souvenez-vous. C’était le 6 mai 2007. Le Président lui-même avait montré la voie, avant même qu’il ne soit intronisé et au sortir d’une si belle fête au Fouquet’s pour les happy fews pendant que le bon peuple, celui de l’UMP se bougeait les miches sur la place de la Concorde sur les rythmes endiablés des plus grands succès de Mireille Mathieu, d’Enrico Macias ou de Doc Gynéco. Ce fut une belle soirée, complète, stylée, bien dans le ton donné par le nouveau tsar, Nicolas 1er.
Le ton était donné : après cette bien belle fête, le président élu allait s’envoler dans un jet privé pour aller se reposer de sa campagne électorale sur le yacht d’un des plus riches hommes d’affaires du pays à qui appartenait également le jet. Depuis, certains des ministres des gouvernements successifs ont suivi ce mouvement de fond : utilisation des moyens logistiques de l’Etat à des fins personnelles ou invitation par des amis privés, mais ni de ressources ni de pouvoir. De Besson qui demande à ses services de lui réserver son voyage de noces à Capri et dont la preuve du règlement de la facture laisse subsister des zones d’ombres quant au payeur final, à Estrosi qui part pour la Nouvelle Calédonie en Falcon pour la modique somme de 138 000 € afin de ne pas partager l’avion à disposition avec la piétaille journalistique ou les employés de son ministère d’alors, en passant par Joyandet qui va participer à une conférence en Martinique pour la plus modique somme encore de 116 500 € , les exemples ne manquent pas.
Quelques dizaines d’heures
avant la chute finale de Ben Ali, la Ministre des Affaires Etrangères, digne
successeure de son prédécesseur a commis une belle bévue. Encore de quoi
rehausser le prestige de la France aux yeux du monde !
Le monde, la société dans lesquels on
vit ou essaie de survivre, c’est selon, est magique. La misère appelle la
misère et l’argent appelle l’argent. C’était déjà vrai avant 2011, c’est encore
plus vrai chaque jour. On serait tenté de dire que le monde est bien fait,
prévisible, mais également injuste… Le tout illustré par trois exemples récents
et éventuellement antinomiques...