Mais, le fin du fin reste le voyage privé de Michelle Alliot-Marie et de Patrick Ollier, son compagnon, qui pérégrinèrent sous le soleil tunisien de décembre et effectuèrent moult sauts de puce au-dessus des émeutes populaires également tunisiennes pour éviter de la fatigue aux parents de madame, heureux accompagnants. Si l’avion appartient au clan Ben Ali nonobstant la défense calamiteuse de la ministre, on ne peut dire que ces vols aient élevé la hauteur de vue de notre cheftaine de la diplomatie française qui proposa le savoir-faire national en matière de maintient de l’ordre alors que le régime chutait lourdement, et ce en dépit de 10 000 pieds d’altitude.

Mais c’était sans compter sur le premier des ministres himself. L’homme à l’éternel physique de communiant attardé (attention, je dis attardé comme on dit soixante-huitard attardé dans les couloirs de l’Elysée et de Matignon) si pur, si innocent se fait prendre lui aussi la main dans le sac, de préférence à vomi quand on a le mal de l’air (disponible dans la pochette du siège de devant avec les instructions en cas de crash, voire de révolution, populaire comme l’Union pour une Majorité du même nom. François Fillon a donc devancé le canard et lui a coupé l’herbe sous ses petites pattes palmées en reconnaissant avoir passé ses vacances de Noël et de Jour de l’an réunis à l’ombre des pyramides et avec l’hospitalité du désormais président honni Hosni.

Plus sûrs que des baromètres, Michelle Alliot-Marie et François Fillon nous indiquent donc finalement par leurs voyages à l’étranger où ça va péter. Car au-delà de la confusion entre vie publique et vie privée, c’est bien de manque de flair à la fois politique et diplomatique dont ces deux haut-gradés de l’organigramme gouvernemental ont fait preuve. Il serait donc bon de les garder au chaud dans les allées du pouvoir et de surveiller leurs déplacements en dehors de l’hexagone afin de prédire les prochaines révolutions. Alors que le Premier Ministre et la Ministre des Affaires Etrangères se font pincer par la presse comme un petit voleur à la tire par un vigile à la sortie du supermarché malgré la bonne image (intègres, serviteurs de l’Etat et tout le baratin), c’est bien le signe qu’il a du s’en passer des turpitudes tenues cachées au fond du tiroir caisse de cette agence de voyage intercontinentale qu’est le gouvernement français, et ce depuis 1958, soit le début de la cinquième République.

Le mot de la fin au député vert Noël Mamère : « Nous vivons dans une République bananière que l'on dénonce chez les autres. Ce n'est qu'une résultante de la Françafrique, qui ne concerne pas que l'Afrique noire mais aussi le monde arabe. Cette crise des élites nourrit malheureusement le ‘’Tous pourris’’. »

Attention, à force on va finir par voir arriver les gars de la Marine…