Lorsque l’inénarrable Jean-Louis Borloo qualifia Villepin de « Premier Minus », on n’eut pas de mal à imaginer l’estime portée à celui-ci. Plus énigmatique, l’ancien ministre de la culture et des cocktails mondains réunis, Jack Lang, avait un jour parlé du chanteur « Georges Moustaku ». Si le chanteur était effectivement barbu, le glissement de Lang n’était-il point un mélange des mots « moustache » et « cul », ou sortait-il d’un bouffement cuit au barbe cul, pardon, au barbecue ? Plus ancien, le lapsus de feu Georges Marchais qui répondit « ça ne me branle pas » à un journaliste qui lui demandait s’il « n’était pas ébranlé dans ses convictions communistes » après la chute du mur de Berlin, acheva de convaincre que se passaient place du Colonel Fabien des séances de masturbation intellectuelle. Dans un registre similaire, un autre regretté, Pierre Bérégovoy, voulut un jour « baiser l’impôt sur les sociétés », sans commentaire…

Plus embêtant sur le plan automatique, pardon diplomatique, Lionel Jospin, encore lui, parla à Budapest de son hôte en ces termes « le premier ministre autrichien ». Se croyait-il revenu au temps de l’Empire austro-hongrois ? Nous, Hongrois que oui. Dans le même genre mais Empire, pardon en pire, le Précédent, euh président Chirac, alors qu’il était en visite officielle en Argentine, se déclara à sa descente d’avion heureux d’être ici « à Rio de Janeiro ». Aussi fort, le même en visite à Saint-Pétersbourg en 1997 s’adressa à ses hôtes en disant « vous les Soviétiques… dans cette bonne ville de Leningrad ». Aurait-on échappé de peu à à un conflit franco-russe, appelé aussi conflit de connards dont les gazettes fout leur foie gras, pardon, leurs choux gras ? D’ailleurs, celui qui va bientôt rembourser ses petits pois actifs, pardon ses emplois fictifs à la Mairie de Paris ne déclarait-il pas, non sans humour et lucidité, que « en matière de politique internationale, on ne retient mes propos que si je dis une connerie »… Plus près de nous (mon Dieu !), Brice Hortefeux s’adressa au Président Malien Amadou Toumani Touré en l’appelant « Sékou Touré ». Hortefeux en Afrique ? Un petit Touré, puis s’en va… Quand à l’irremplaçable Bernard Kouchner, tout le monde se souvient de la minorité musulmane chinoise des Ouigours devenus des « Yoghourts »… Monsieur Ockrent, d’ailleurs, risque d’être victime de l’écrémage lors du prochain reniement, euh décidément, remaniement…

Si certains lapsus font nous rire, d’autres nous font un peu droit dans le faux, pardon, froid dans le dos. Le même Brice ne parla-t-il pas récemment des Roms en des termes, euh, disons… techniques en ces termes : « Rendez-vous compte du volume de Roms que ça représente ! ».Eh oui, ce ministre boute-en-train (il veut être Maire de Vichy) est obligé de prendre des mesures. Allez, encore un ? Le sinistre Eric Besson (par contre, ici, point de lapsus) prononça cette phrase : « Il y a eu à la fois une invasion... euh, une immigration de provenance d'Afrique et du Maghreb ». Point besoin d’avoir lu tout Sigmund Freud pour deviner le fond de sa pensée. Lui même a d’ailleurs ajouté aussitôt : « Non pas une invasion, qu'il n'y ait pas de lapsus sur le sujet ». Trop tard Eric !

Mais bien sûr, car vous suivez l’actualité, je vous ai gardé pour la bonne bouche, si j’ose dire, et je l’ose, le lapsus de notre ineffable Rachida Dati : le fameux « Quand je vois certains qui demandent des taux de rentabilité à 20, 25 %, avec une fellation quasi-nulle… ». Pour celle que d’aucuns ont qualifiée de courtisane on comprend qu’elle puisse joindre dans la même phrase l’utile à l’agréable… Quand Rachida se lèche aller, pardon se laisse aller, elle en deviendrait presque sympathique. N’oublions pas que dans lapsus, on entend « lappe » et « suce ».

Enfin, du moment qu’elle na pas parlé la bouche pleine et ne manie pas la langue de bois...

JLC