La
Radio HDR est en danger. Financier. L'émission Primonde sera consacrée ce
mercredi 22 octobre à la problématique des medias associatifs reflétant la
diversité et de leur "survie en milieu hostile".
Nous recevrons Moise Gomis, directeur de Radio HDR et Raphaël Yem, directeur de
publication du magazine Fumigène.
Vous pouvez écouter HDR live sur le web en cliquant ici.
En attendant, voici le communiqué des salariés de Radio HDR.
COMMUNIQUE : HDR en danger !
HDR est un média alternatif, ici on expérimente en permanence, on tente de
trouver de nouvelles formes de fonctionnement, de nouvelles formes
radiophoniques, on tente de répondre aux problématiques des quartiers dits
populaires en offrant aux habitants la possibilité de s'exprimer.
Depuis 10 ans nous sommes installés dans une zone d'éducation prioritaire.
La radio est un outil d'expression pour les habitants du quartier et de
l'agglomération de Rouen. C'est aussi un outil d'information, de création et de
dialogue entre générations, entre les différentes populations.
Nous favorisons la mixité, l'insertion et nous tissons du lien social sur
les Hauts-de-Rouen. HDR porte une offre alternative, un regard différent sur le
monde qui nous entoure, une programmation musicale qu'on ne peut trouver nulle
part ailleurs. Nos valeurs, elles habitent le slogan que l'on peut entendre
régulièrement sur notre antenne. C'est le mix des cultures. Nos valeurs, elles
sont portées surtout par les notions d'économie sociale et solidaire.
HDR compte plus de cent bénévoles, une cinquantaine d'émissions, 20 salariés
dont 17 contrats aidés qui assurent le bon fonctionnement de l'antenne et 4
heures de programmes quotidiens. Depuis le début, nous travaillons en étroite
collaboration avec les écoles, de nombreuses associations et salles de
spectacles qui se battent pour faire tomber les murs de la ségrégation urbaine
et sociale.
Au moment où les Etats débloquent des milliards d'euros pour sauver les
banques et le monde de la finance, les associations font face à des difficultés
financières qui mettent leur vie en danger. Ces difficultés sont-elles dues à
la crise financière ou à une politique qui méprise le monde
associatif ?
Aujourd'hui la radio HDR est en danger.
Depuis un mois, nos salaires sont bloqués. Les voyants sont au rouge et les
micros s'éteignent. Nous sommes aujourd'hui sous la menace d'un dépôt de bilan
qui pourrait bien voir la mort d'HDR. Faire disparaître HDR, c'est bâillonner
encore plus les habitants des banlieues. C'est également réduire un peu plus
une liberté d'expression trop souvent mise à mal.
Pour compléter ce sombre tableau, le passage à la nouvelle norme numérique
(la Radio Numérique Terrestre), décidé par le CSA, va engager des frais
importants d'équipement et de fonctionnement que de nombreuses radios en France
ne pourront pas payer. Elles sont condamnées à disparaître.
Si les caisses sont vides, il faut aujourd'hui expliquer au monde associatif
qu'il doit se débrouiller par ses propres moyens ou bien lui donner les moyens
de continuer à remplir ses missions de service public. Il est à l'ordre du jour
de réfléchir au financement pérenne d'un média alternatif comme à celui des
associations.
Nous appelons à une mobilisation autour du financement des associations et
d'un média associatif à Rouen. Sur notre antenne dès ce mardi nous recevrons
des responsables d'associations des Hauts-de-Rouen : Mer & Campagne,
Interm'Aide Emploi, l'ACS, l'APMAR, le Comité de Coordination de la Grand'
Mare, Solidarité Plateau). L'antenne sera ouverte à tous ceux voulant témoigner
ou apporter leur soutien à la Radio.
Un point presse est prévu le vendredi 24 octobre devant la Préfecture à 11h
pour plus d'informations. Nous appelons également à une manifestation de
soutien le samedi 25 octobre à 14h, place de la Cathédrale.
Le personnel salarié de la Radio HDR