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dimanche 8 mai 2011

Mauritanie : Ould Aziz le président des « nouveaux riches »

Près de 14 milliards d’ouguiya octroyés par l’Arabie Saoudite en 2009 et dépensés sans le visa du parlement mauritanien et 9 milliards d’ouguiya débloqués en 2010 pour l’opération d’urgence des boutiques témoins pour lutter contre la hausse des prix des denrées alimentaires sans au préalable un décret de programmation. Ce non respect du président Ould Aziz de la réglementation des financements publiques vient d’être dénoncé dans un rapport publié par le parti de l’opposition l’UFP et repris par le site électronique Cridem.

 Ce rapport fustige par la même occasion le surendettement des trois grandes entreprises publiques

d’eau, d’électricité et de gaz dont le montant est estimée à 55 milliards d’ouguiya. Pour les observateurs, cette gouvernance déficiente pourrait ébranler le fauteuil du président des pauvres qui n’a pas encore réussi à refonder l’Etat mauritanien dont la gestion est calamiteuse depuis son élection en juillet 2009.

Ce n’est pas la première fois que l’opposition constate la gabegie au plus haut sommet de l’Etat depuis l’avènement au pouvoir de Ould Aziz .De l’UFP à l’APP en passant par le RFD la mal gouvernance des finances publiques est au cœur des critiques . Les observateurs imputent ce déballage médiatique de l’opposition au refus ou à la lenteur du dialogue inclusif recommandé par les accords de Dakar .

C’est indéniable le nouveau locataire de la Maison brune avait pris le bon sens du vent qui soufflait dans la capitale en juillet 2009.La lutte contre la corruption et la gabegie est porteuse d’espoir pour les couches les plus démunies .Il y avait beaucoup de grains à moudre.

C’est ainsi que même les hommes d’affaires et chefs d’entreprise les plus influents du pays voire les hauts cadres de l’administration ont été épinglés par la justice. Résultats, plusieurs milliards d’ouguiya récupérés pour sauver le trésor public obligé constamment à faire des gymnastiques budgétaires pour pouvoir payer les fonctionnaires et dettes de l’Etat.

Cette bonne volonté du « président des pauvres » à s’attaquer à la racine du mal a même séduit les bailleurs de fonds le FMI et la Banque Mondiale qui ont octroyé lors de la réunion de Bruxelles près de 3 milliards de dollars pour booster le programme mauritanien de lutte contre la pauvreté. Mais seulement au fil des temps, ces manœuvres populistes ont brouillé les cartes.

Entre temps la Mauritanie est entrée en guerre contre les terroristes d’Al Qaïda et la crise économique s’est installée dans tous les foyers avec ses dégâts collatéraux, le chômage des jeunes et la hausse des prix des denrées alimentaires. Sur les deux tableaux Ould Aziz va grever le budget en réarmant militairement son pays et en réformant l’armée avec l’appui de la France. Mais c’est sans compter que la crise va perdurer. Pour ne pas connaître le même sort de Ben Ali ou Moubarak, le président mauritanien anticipe et débloque 9 milliards d’ouguiya pour lutter contre la hausse des prix des denrées alimentaires.

C’est cet abus de pouvoir du chef de l’Etat que l’opposition fustige légitimement parce que le déblocage d’une telle somme  obéit  à  une démarche c'est-à-dire un décret qu’il devait programmer avant et non des mois après. Cette façon de faire n’est pas une rupture par rapport aux habitudes du passé. L’absence de vrais débats au parlement, la faiblesse du premier ministre concourrent à cette déconnexion entre la réalité et les lois des finances publiques.
Pas étonnant que les trois grandes entreprises publiques de l’énergie soient au rouge avec un déficit global de 55 milliards d’ouguiya. Ce qui représente 2 fois le budget de la santé et 2,5 fois le développement rural. La SOMELEC, la SNDE et  la SOMAGAZ sont des secteurs stratégiques  mais coûtent très chers  à l’Etat mauritanien qui aujourd’hui est loin de se conformer à l’appel d’offre des marchés publiques.
La palme d’or de surendettement revient à la SOMELEC avec 35 milliards  qui devraient profiter à plusieurs hommes d’affaires et de banquiers de la place qui pourraient toucher le pactole équivalent à 10 fois le budget alloué aux projets prioritaires de la lutte contre la pauvreté selon le rapport de l’UFP. Une note salée pour le contribuable qui ignore totalement les rouages de l’Etat. Le citoyen mauritanien est tout heureux de voir il y a  presque une année la naissance d’une nouvelle compagnie aérienne Mauritanian Airlines  et pensait déjà oublier le calvaire des ex -employés de la défunte Air Mauritanie  qui attendent toujours d’être indemnisés.
C’est encore la société nationale minière la SNIM qui a  débloqué 40 millions de dollars pour ce nouveau joyau dont l’agrément des appareils n’est pas jusqu’ici obtenu et pendant ce temps c’est le contribuable encore qui va en pâtir avec des charges fixes d’au moins 30 millions d’ouguiya par mois. Ce n’est pas tout.

Cette nouvelle compagnie en gestation a entraîné la fermeture de la deuxième compagnie Mauritanian Airways qui marchait cahincaha. Cette faiblesse de l’Etat devant la pesanteur des lobbys va jusqu’à pousser les hommes du président à créer une société de transport public (STP) sans aucune étude de faisabilité au préalable. C’est comme ça que ça marche .

Le régime de Ould Aziz se soucie plus d’arranger un tel homme d’affaire ou chef d’entreprise ou aller dans le sens des desiderata d’un influent homme politique qui vont être les bénéficiaires de cette manne financière. Ces privilégiés sont aujourd’hui les nouveaux riches de la Mauritanie Nouvelle.

Ce climat de mal gouvernance et de prévalence de la corruption pourrait conduire le pays à une faillite financière et rebelote la situation de 2008, banqueroute, manque de liquidité, dépréciation de l’ouguiya et quoi encore ? Pour ne pas en arriver là, l’UFP préconise la création urgente de commissions parlementaires ( majorité et opposition) pour trouver des solutions au moment même où le gouvernement de Ould Laghdaf fait face à la colère pour la première fois des diplômés ingénieurs, de la poursuite du mouvement des jeunes né du printemps arabe et qui sont descendus cette semaine dans les rues de la capitale pour demander cette fois-ci le départ de Ould Aziz.

Le personnel de la santé qui était en grève il y a deux semaines et les syndicats des Travailleurs de Mauritanie n’ont pas encore dit leur dernier mot. L’éruption du volcan social est à redouter si on ne fait rien.

mercredi 16 mars 2011

Mauritanie : le gouvernement de Ould Laghdaf assis sur un volcan social

Près d’une vingtaine de blessés et plusieurs arrestations. C’est le bilan provisoire de la manifestation des jeunes mauritaniens cette semaine à Nouakchott sous la houlette d’une coordination née après le printemps arabe ou communément appelée révolution du jasmin .Ils entendent faire bouger le gouvernement de Ould Laghdaf sur la gouvernance démocratique, le chômage chronique des jeunes et le phénomène de l’exclusion. Ce mouvement de contestation est relayée par les syndicats qui sont montés au créneau parallèlement pour réclamer un dialogue tripartite : gouvernement, syndicats et patronat. Dans la même lancée, la coordination de l’opposition et d’autres partis réclament haut et fort le dialogue inclusif avec le pouvoir sur la base des accords de Dakar en 2009. Les observateurs sont inquiets de ce bras de fer qui en l’absence d’une réelle volonté politique pourrait entraîner la Mauritanie dans un tsunami social indescriptible et indésirable.

La violence policière a encore fait parler d’elle cette semaine dans la capitale mauritanienne où de jeunes manifestants ont été molestés par les forces de l’ordre qui ont procédé aussi à des arrestations. Une vingtaine de blessés ont été conduits à l’hôpital.

Depuis le début de cette contestation c’est la plus musclée en terme d’intervention policière. Une situation que l’Union des Forces Démocratiques UFD a qualifié de graves violations de libertés publiques. En plus la détention des jeunes constitue un manquement au respect de la constitution.

Ce vent de mécontentement de la jeunesse mauritanienne soulève le fossé grandissant de la fracture sociale que le gouvernement de Ould Laghdaf est loin de régler malgré sa promesse de créer plus de 17 000 emplois pour les jeunes et d’offrir un toit décent à 100 000 familles ou d’augmenter la production agricole pour faire face à la sécurité alimentaire du pays. C’est un vœu pieux ou simples effets d’annonce parce que parmi les populations les plus vulnérables figurent les réfugiés devenus des sans papiers et sans domicile fixe chez eux et également la paupérisation des haratins cantonnés comme toujours dans des taudis dans les zones périphériques de la capitale avec de petits boulots pour les plus chanceux.

C’est conscient de la détérioration du climat social que les syndicats sous la conduite de l’Intersyndicale qui regroupe la CNTM, la CLTM et la CGTM ont emboîté le pas des jeunes pour descendre dans la rue et pointer du doigt l’immobilisme des pouvoirs publics face aux réformes politiques, économiques et sociales .

L’ouguiya, la monnaie nationale se porte mal et le marché intérieur est déserté par les investisseurs notamment étrangers faute de relance économique en dépit des déclarations gouvernementales de croissance économique de 5,6 du PIB hors pétrole. Beaucoup de sociétés à l’intérieur comme à Nouakchott ont déposé leur bilan faute de perspectives en dehors de la gabegie.

C’est dans cette perspective que les syndicats demandent une révision de la législation du travail, une augmentation des salaires qui font apparaître une grande disparité depuis des années entre la classe ouvrière d’en bas et celle d’en haut des technocrates et bureaucrates. Et pour cela, un dialogue tripartite entre les syndicats, le gouvernement et le patronat s’impose pour amorcer le début d’une reprise économique qui passe par la répartition équitable des richesses du pays : pétrole, fer et poissons.

La crise libyenne et au-delà du monde arabe ne facilite pas la stabilité du prix du carburant. Le prix à la pompe est toujours en hausse. De même celui des denrées de première nécessité malgré les mesures gouvernementales prises pour le baisser.

Sur le terrain politique, les leaders de l’opposition ont beaucoup patienté depuis l’élection du président Ould Aziz en juillet 2009 en espérant se faire entendre. Mais devant le refus catégorique du nouveau régime, le charismatique leader de l’APP et président de l’Assemblée nationale avait brandi  à une époque récente l’arme de la désobéissance civile. Ce n’est que tout dernièrement le chef de l’Etat mauritanien a tendu la main à l’ensemble de l’opposition.

Selon les dernières informations, le président serait d’accord pour le dialogue inclusif prônée par les accords de Dakar. Ce qui serait une première pour dénouer la crise politique depuis 2008 date du coup d’Etat. En dehors de cette grogne populaire, le premier ministre devra faire face à un nouveau flux de mauritaniens suite aux évènements en Libye et en Côte D’Ivoire.

En continuant de faire la sourde oreille à ces revendications le gouvernement de Ould Laghdaf va droit dans le mur et risque de déclencher un tsunami social qui serait fatal à la Mauritanie.

vendredi 18 février 2011

Mauritanie-Sénégal : les révolutions tunisienne et égyptienne difficilement transposables à Nouakchott et à Dakar

aziz-wade.jpgLes tunisiens et les égyptiens ont réussi en l’espace de deux mois à bouter leurs leaders invétérés Ben Ali et Hosni Moubarak de leurs palais. Le premier en exil en Arabie Saoudite et le second en villégiature à Charm-El-Chek, au bord de la mer rouge.

Ce succès des peuples réside en grande partie dans la résistance du mouvement de la jeunesse appuyé par les syndicats et partis d’opposition à l’intérieur et à l’extérieur. Mais aussi grâce à la complicité de l’armée et les réseaux sociaux facebook et twitter. Pour les observateurs, cette révolution de la rue du 3ème millénaire est difficilement transposable dans les pays africains subsahariens.

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jeudi 10 février 2011

www.tour-operator.gov.fr

MAM-JET1.pngLes ministres aussi partent en vacances. Et pas n’importe lesquelles. Tant mieux pour eux. Seulement leurs agences de voyages ne sont pas ouvertes au citoyen lambda. Et là, tant pis pour nous…

Souvenez-vous. C’était le 6 mai 2007. Le Président lui-même avait montré la voie, avant même qu’il ne soit intronisé et au sortir d’une si belle fête au Fouquet’s pour les happy fews pendant que le bon peuple, celui de l’UMP se bougeait les miches sur la place de la Concorde sur les rythmes endiablés des plus grands succès de Mireille Mathieu, d’Enrico Macias ou de Doc Gynéco. Ce fut une belle soirée, complète, stylée, bien dans le ton donné par le nouveau tsar, Nicolas 1er.

Le ton était donné : après cette bien belle fête, le président élu allait s’envoler dans un jet privé pour aller se reposer de sa campagne électorale sur le yacht d’un des plus riches hommes d’affaires du pays à qui appartenait également le jet. Depuis, certains des ministres des gouvernements successifs ont suivi ce mouvement de fond : utilisation des moyens logistiques de l’Etat à des fins personnelles ou invitation par des amis privés, mais ni de ressources ni de pouvoir. De Besson qui demande à ses services de lui réserver son voyage de noces à Capri et dont la preuve du règlement de la facture laisse subsister des zones d’ombres quant au payeur final, à Estrosi qui part pour la Nouvelle Calédonie en Falcon pour la modique somme de 138 000 € afin de ne pas partager l’avion à disposition avec la piétaille journalistique ou les employés de son ministère d’alors, en passant par Joyandet qui va participer à une conférence en Martinique pour la plus modique somme encore de 116 500 € , les exemples ne manquent pas.

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mercredi 9 février 2011

Emission du 9 février 2011

radio-africa.jpgÉmission exceptionnelle ce soir avec un contenu riche et varié notamment à propos du Forum Social Mondial de Dakar :

- Le FSM de Dakar (interview d'Albert Mendy, journaliste à Dakar)

- Interview de Saïd (MAP, ZEP)

- Adieu à Édouard Glissant

- Et le billet : www.tour-operator.gov.fr

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